Photo prise lors de la manifestation de la journée Al-Quds en 2015 à Berlin.
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Par Isabel Ruck,
Responsable de la recherche et de la coordination scientifique du CAREP Paris

Passée quasiment inaperçue dans une actualité dominée par le Coronavirus, la décision du gouvernement allemand d’interdire toute activité du Hezbollah sur son territoire, longtemps débattue dans les cercles décisionnels du Bundestag, constitue moins un virage dans la politique moyen-orientale d’Angela Merkel, qu’une preuve que la sécurité d’Israël demeure en Allemagne un impératif de politique intérieure.

Le 30 avril 2020, le ministre de l’intérieur allemand, Horst Seehofer, a annoncé l’interdiction de toutes les activités du Hezbollah, une décision qui semble peu surprendre dans les cercles décisionnels allemands où cette décision était attendue depuis longtemps. Le Bundestag avait en effet déjà formulé à plusieurs reprises le souhait d’interdire le Hezbollah, ne serait-ce que pour donner une cohérence à la politique d’accueil des réfugiés syriens. Comment l’Allemagne pouvait-elle concilier l’accueil de réfugiés syriens tout en autorisant à l’un des principaux protagonistes de cette guerre et soutiens du régime de Bachar al-Assad d’agir depuis son territoire ?

Une telle décision obéit cependant à un certain nombre de facteurs ancrés dans la réalité politique allemande dont il convient de prendre la mesure pour appréhender les ressorts et la spécificité d’une telle décision dans le paysage européen.

Crime organisé connu de longue date

Si les activités du Hezbollah sur le sol allemand sont certes restées relativement « peu médiatisées » à ce jour, les trafics du Hezbollah sont en effet connus des services de renseignements allemands de longue date.

Le grand public a surtout connaissance des activités de blanchiment d’argent et de racket menées par le parti auprès de propriétaires de magasins dans le quartier de Berlin-Neukölln ainsi que des règlements de comptes entre clans, étudiés par le politologue libano-allemand, Ralph Ghadban, dans son ouvrage sorti en 2018[1]. Le seul moment où la présence du parti de Dieu est visible dans l’espace public allemand est la journée d’Al-Quds, généralement célébrée le dernier vendredi du mois de ramadan. Depuis 1996, cette manifestation qui est organisée à Berlin donne régulièrement lieu à des appels pour la destruction de l’État d’Israël.

Cependant, en Europe, la République fédérale d’Allemagne constitue incontestablement le centre névralgique des activités illégales du Hezbollah. En plus d’y collecter des fonds pour le mouvement, les membres du parti ont fait de l’Allemagne la plaque tournante européenne de leur trafic de drogue, de voitures volées et de blanchiment d’argent[2]. L’implantation du Hezbollah en Allemagne remonte aux années 1980, quand de nombreux Chiites libanais[3] – parmi lesquels des partisans du Hezbollah – ont fui la guerre du Liban. Dans un rapport datant de 2018, les services de renseignement (Bundesnachrichtendienst, ci-après BND) et l’Office fédéral de protection de la Constitution (Bundesamt für Verfassungsschutz) ont recensé quelque 1050 partisans du Hezbollah en Allemagne, dont environ 250 membres à Berlin[4]. Ces partisans s’organisent essentiellement via des associations religieuses et culturelles. Plusieurs associations allemandes entretiennent ainsi des liens avec le parti de Dieu, à l’instar du Centre islamique d’Hambourg, du Centre islamique de l’Imam Reza à Berlin-Neukölln ou du Centre de l’Imam Mahdi à Munster pour n’en nommer que trois. Dans la capitale allemande, le parti a investi le quartier berlinois de Neukölln[5], où il aurait même acheté plusieurs immeubles[6].

Plus qu’un parti politique, le Hezbollah apparaît ainsi depuis plusieurs années comme une organisation criminelle transnationale[7]. De fait, suite à des coupes budgétaires opérées par son principal bailleur de fonds, l’Iran[8], le Hezbollah a diversifié ses sources de revenu en s’engageant dans le crime organisé sur tous les continents du monde. La présence du Hezbollah s’étend aujourd’hui de l’Amérique latine à la Guinée-Bissau, au Bénin et à d’autres États d’Afrique de l’Ouest et le parti serait aujourd’hui en pleine expansion en Thaïlande et en Chine[9]. L’Europe constitue également pour le Hezbollah d’énormes opportunités financières[10] notamment pour le blanchiment d’argent et l’achat d’armement – et ce même après l’interdiction de sa « branche armée » par l’UE en 2013.

Pourtant, s’il avait déjà banni la branche armée du Hezbollah, le gouvernement allemand autorisait jusqu’alors les « activités politiques » du mouvement sur son territoire. Bien que cette distinction ait pu apparaître comme un « artifice rhétorique », eu égard aux déclarations de Naïm Qassem, le secrétaire général par intérim du mouvement, qui avait expliqué en 2012, « qu’au sein du parti de Dieu, il n’existait aucune distinction entre une branche armée et une branche politique et que tous les membres sont engagés dans la résistance face à l’État et le peuple juifs[11] », elle correspondait cependant à la décision de l’Union européenne sur ce dossier, qui distinguait les activités politiques du Hezbollah de ses activités militaires. Elle était en outre justifiée au motif qu’il fallait garder de bonnes relations diplomatiques avec le Liban, où le Hezbollah constitue une force politique importante.

On peut donc légitimement s’interroger sur ce qui a véritablement changé : quels sont les facteurs qui ont poussé l’Allemagne à se prononcer pour une interdiction complète du parti de Dieu sur son territoire alors même que ses relations avec l’Iran n’ont pas subi de changement majeur ?

Pressions américaines

Il n’est pas improbable que les Américains aient forcé la main du gouvernement allemand. Richard Grenell, ambassadeur américain en Allemagne et directeur par intérim des services de renseignements américains depuis le 20 février 2020[12], avait déjà exhorté le gouvernement allemand en septembre 2019 à interdire définitivement le Hezbollah[13]. Dans une tribune publiée par le journal Die Welt le 6 septembre 2019[14], il écrit qu’une interdiction du parti de Dieu serait un signe fort que l’Allemagne ne tolérerait pas de discours antisémites en Europe[15]. Cette annonce était alors perçue par certains analystes allemands[16] comme une volonté du gouvernement Trump d’instrumentaliser le passé de l’Allemagne pour mieux imposer sa politique d’isolement de l’Iran, qui jusque-là avait maintenu de bonnes relations bilatérales avec la République fédérale. Basées essentiellement sur des échanges commerciaux et académiques, les relations germano-iraniennes étaient depuis longtemps dans la ligne de mire des responsables politiques américains. L’Iran a en effet continué à commercer avec l’Allemagne malgré l’embargo décrété contre lui par l’administration Trump en 2018. Comme on peut le lire sur le site du ministère des Affaires étrangères allemand (Auswärtiges Amt), « environ 30 % de l’infrastructure industrielle en Iran provient de la production allemande ». Conséquence de l’embargo américain « le commerce extérieur germano-iranien est tombé en 2019 à 1722 millions d’euros, 45 % de moins que l’année précédente » mais en dehors des relations commerciales, l’Allemagne entretien également de très bonnes relations culturelles et scientifiques avec l’Iran. De « nombreux scientifiques iraniens ont été formés dans des universités allemandes et se sont engagés à mener des projets de recherche germano-iraniens et à renforcer la coopération universitaire entre les deux pays[17] ».

Montée de l’antisémitisme

Mais au-delà de la pression américaine, une autre variable doit être prise en compte dans l’analyse de la décision allemande. Très préoccupées par la haine professée contre l’État hébreu par des partisans du Hezbollah lors de la journée Al-Quds[18] qui devait se tenir cette année le 16 mai 2020 à Berlin, les associations juives américaines et allemandes (le Conseil central des juifs allemands, la Jewish American Committee[19], etc.) se sont mobilisées depuis 2013 pour obtenir une interdiction complète du Hezbollah, et ce avec l’appui de certains députés du Bundestag, à l’instar du jeune député de la FDP, Benjamin Strasser[20]. Ces dernières n’ont pas manqué de rappeler à l’Allemagne son devoir historique de solidarité avec le peuple juif[21]. Il n’est donc pas surprenant que l’accusation d’antisémitisme soit devenue la justification dominante pour l’interdiction du Hezbollah, d’autant plus que le BND avait aussi reçu de la part du Mossad des informations sur des lieux de stockages d’explosifs et des informations sur des personnes impliquées dans le blanchiment d’argent destiné à renflouer les caisses du parti de Dieu[22].

Cette préoccupation s’inscrit aussi dans un contexte de regain de l’antisémitisme en Allemagne que le gouvernement fédéral prend très au sérieux. Plusieurs courants d’antisémitisme existent et cohabitent en Allemagne. Parmi les plus étudiés se trouve l’antisémitisme classique (basé sur les théories de complots etc.), l’antisémitisme secondaire (basé sur le dénigrement de l’Holocauste) et l’antisémitisme antisioniste (basé sur une critique de la politique israélienne avec des propos anti-juifs[23]). C’est cependant ce dernier qui a aujourd’hui le vent en poupe, porté notamment par le conflit israélo-palestinien.

Une étude[24] publiée en 2019 par l’université Friedrich-Schiller à Iéna en Thuringe a montré une augmentation considérable des positions antisémites dans les attitudes politiques des Allemands. Ainsi, 16 % des interviewés étaient d’accord avec l’affirmation qu’une personne de confession juive n’avait pas sa place dans la société allemande, contrairement à 9 % l’année précédente. Cette augmentation s’explique majoritairement par la montée en force des partis de l’extrême droite, mais aussi par un sentiment anti-juif chez des jeunes musulmans en Allemagne[25]. Par ailleurs le Rapport du Bundestag sur l’antisémitisme de 2017 préparé par une Commission d’experts indépendants a également dénoncé des positions antisémites chez certains migrants musulmans[26]. Si cet antisémitisme est motivé par une appartenance religieuse ou par un sentiment nationaliste arabe reste à ce jour sujet de débat entre les experts. L’islamologue allemand, Michael Kiefer, de l’Université d’Osnabrück préfère parler d’un « antisémitisme islamisé[27] » au sein duquel plusieurs facteurs joueraient un rôle décisif, comme la religion, la socialisation, l’éducation, le vécu migratoire entre autres.

La protection d’Israël : un impératif de politique intérieure

Mener des recherches sur le Hezbollah en langue allemande oblige à constater qu’une grande partie des sources accessibles sont des sources bien documentées par des associations et think tanks sionistes[28], signe de l’importance de ce dossier pour un certain nombre de juifs allemands et pour l’État d’Israël. Cela est peu étonnant eu égard à la responsabilité historique de l’Allemagne envers le peuple juif, certains hommes politiques allant jusqu’à dire que « les relations entre l’État d’Israël et la République fédérale d’Allemagne ne peuvent être séparées du problème allemand et juif[29] ».

Ce questionnement sur la responsabilité collective pour la Shoah reste un thème délicat en Allemagne soixante-quinze ans après la libération des camps de concentration, même si la montée de l’extrême-droite et la montée de l’antisémitisme font craindre à certains un triste retour de l’Histoire[30]. Le sentiment de culpabilité des Allemands s’exprime autant dans la politique étrangère allemande au Moyen-Orient que dans l’influence de l’État hébreu sur certains dossiers de politique intérieure allemande, comme celui sur le Hezbollah.

L’influence dont Israël jouit en Allemagne n’est pas nouvelle et transparaît régulièrement dans les discours de la Chancellerie allemande. Ainsi, Gerhard Schröder avait-il déclaré en 2002 que « l’État d’Israël obtiendrait de l’Allemagne ce dont il avait besoin pour garantir sa sécurité[31]. » Six années plus tard, c’est le même son de cloche lorsque la chancelière, Angela Merkel, a déclaré dans son allocution en 2008 à Jérusalem que « la sécurité d’Israël ne sera jamais négociable pour l’Allemagne[32] ». Cette importance donnée à la sécurité de l’État hébreu se retrouve également dans la dernière annonce de Horst Seehofer, lorsqu’il déclare : « le Hezbollah appelle ouvertement à la destruction violente de l’État d’Israël et conteste son droit à l’existence. L’organisation est orientée consubstantiellement contre l’idée de l’entente entre les peuples – qu’elle agisse en tant que structure politique, sociale ou militaire[33]. »

Cette obsession allemande de faire de la sécurité d’Israël un objectif à atteindre indépendamment des enjeux de politique intérieure, est une situation assez unique en Europe[34]. Pour dire les choses simplement, la protection d’Israël est vue comme un devoir historique par la classe politique allemande. En effet, alors que certains États européens, à l’instar de la Suède[35], se montrent aujourd’hui critiques vis-à-vis de la politique israélienne sur le dossier palestinien et la colonisation de la Cisjordanie, la politique allemande apparaît comme « enchaînée » par son passé[36], alors même que l’opinion publique allemande est beaucoup plus nuancée sur ces questions.

La diversification de la société allemande constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis dans la transmission de la mémoire de la Shoah : comment un allemand de descendance turque ou libanaise, n’ayant pas partagé cette culture commune, pourrait-il s’identifier à ce passé lointain ? N’existe-t-il pas déjà une résistance parmi les jeunes allemands sans origine migratoire plus immédiatement concernés par ce passé ? C’est la « peur de l’oubli » qui a sans doute aussi incité le gouvernement allemand à envoyer un signal fort à la jeunesse allemande qui se laisse happer par la propagande des slogans dont certains sont clairement à résonance antisémite[37]. C’est aussi dans cette perspective qu’il faut comprendre l’actuelle décision allemande d’interdire le Hezbollah.

Conclusion

Si la décision d’interdire le Hezbollah uniquement à l’échelle allemande répond plus à l’engagement historique de l’Allemagne envers l’État d’Israël qu’à des raisons de sécurité européenne, le fait que l’Europe, elle, ne change pas sa position envers le Hezbollah et continue d’appliquer une distinction artificielle entre une branche armée et une branche politique du parti de Dieu, laisse présager que la politique étrangère de l’Allemagne vis-à-vis du Moyen-Orient à travers les mécanismes de la Politique européenne de voisinage (PEV) ne va certainement pas être beaucoup impactée à ce stade. Par le passé l’Allemagne avait effectivement « toléré » les activités du parti de Dieu sur son sol, car elles lui étaient nécessaires comme « moyen de pression » dans les différentes négociations dans lesquelles les services du renseignement allemands (BND) étaient impliqués entre le Hezbollah et Israël. L’une des figures les plus proéminentes de ces négociations est le « Monsieur Hezbollah[38] » allemand, Gerhard Conrad. Ce dernier a été nommé à partir de 2016 directeur du Centre d’analyse des renseignements de l’UE (INTCEN), où il a coordonné jusqu’en 2019 les actions de renseignement européen. Cette nomination traduit peut-être aussi de la part de l’Allemagne, une volonté de délégation de la gestion du crime organisé au niveau européen[39]. Les futures générations de négociateurs européens capables de continuer à maintenir un dialogue non seulement avec le Hezbollah, mais aussi avec l’Iran, opèrent déjà au Moyen-Orient.

Par ailleurs, comme le communiqué de presse du ministère de l’Intérieur le laisse entendre, cette décision aura sans doute peu de conséquences sur les agissements du groupe sur le sol allemand : « Étant donné que le Hezbollah est une organisation étrangère, il n’est pas possible d’interdire et dissoudre l’organisation en tant que telle[40]. » Mais au-delà de l’interdiction physique de l’organisation dans l’espace public allemand (interdiction de symboles liés au mouvement, la circulation de contenus vidéo, etc.), c’est surtout l’idéologie de ses partisans qui continuera à exister. De ce point de vue la décision allemande peut paraître ambiguë car interdire le mouvement revient à le forcer à entrer davantage dans la clandestinité. Plusieurs études sociologiques sur des réseaux criminels transnationaux montrent en effet que ceux-ci sont plus performants dès lors qu’ils opèrent dans la clandestinité[41].

À cet égard l’Allemagne encourt un « risque légal » de responsabilité partagée si des atrocités étaient commises par des partisans du mouvement contre des institutions juives sur le sol allemand[42]. Afin de se protéger, l’État allemand peut uniquement essayer d’enrayer au maximum les activités d’organisations criminelles sur son territoire, que ce soit le Hezbollah ou d’autres groupes mafieux.


Notes :

[1] Ralph GHADBAN, Arabische Clans: Die unterschätzte Gefahr, Berlin, Econ, 2018.

[2] Voir par exemple : Muhamad ABDI et Sebastien LEBER, « Wie die Hezbollah in Berlin im Verborgenen agiert », Der Tagesspiegel, 30/11/2019, https://www.tagesspiegel.de/themen/reportage/hetze-geldwaesche-rekrutierung-wie-die-hisbollah-in-berlin-im-verborgenen-agiert/25285418.html (consulté le 08/05/2020)

[3] Ralph GHADBAN, Die Libanon-Flüchtlinge in Berlin. Zur Integration ethnischer Minderheiten. Berlin, Das Arabische Buch, 2008 (2000), http://ghadban.de/de/wp-content/data/Die_Libanon-Fluechtlinge_in_Berlin.pdf (consulté le 18/05/2020).

[4] Bundesamt für Verfassungsschutz, « Verfassungsschutzbericht 2018 » (« Le rapport annuel sur la protection de la Constitution 2018 »), https://www.verfassungsschutz.de/download/vsbericht-2018.pdf (consulté le 10/05/2020)

[5] Matthew LEVITT, op.cit, 2013, p. 218.

[6] Muhamad ABDI et Sebastien LEBER, « Wie die Hezbollah in Berlin im Verborgenen agiert », Der Tagesspiegel, 30/11/2019, https://www.tagesspiegel.de/themen/reportage/hetze-geldwaesche-rekrutierung-wie-die-hisbollah-in-berlin-im-verborgenen-agiert/25285418.html (consulté le 08/05/2020)

[7] Emanuele OTTOLENGHI, “Time to Designate Hezbollah as a Transnational Criminal Organization”, FDD Policy Brief, 4 octobre 2017. Article en ligne : https://www.fdd.org/analysis/2017/10/04/time-to-designate-hezbollah-as-a-transnational-criminal-organization/ (consulté le 10/05/2020).

[8] Selon des sources officielles américaines, l’Iran financerait le Hezbollah à hauteur de 700 millions de dollars par an (chiffre soumis à des fluctuations causées par des sanctions internationales imposées à l’Iran et les perturbations du marché pétrolier iranien). Pour aller plus loin sur ce sujet, voir : Nathan SALES,  “Teheran’s International Targets : Assessing Iranian Terror Sponsorship”, Washington Institute, 13/11/2018, https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/view/tehrans-international-targets-assessing-iranian-terror-sponsorship (consulté le 11/05/2020).

[9] Scott Modell, “Iran and Hezbollah in the Western Hemisphere: Realities and recommendations”, CSIS, 18 mars 2015. Article en ligne : https://docs.house.gov/meetings/FA/FA07/20150318/103177/HHRG-114-FA07-Wstate-ModellS-20150318.pdf (consulté le 10/05/2020). Voir aussi: Matthew LEVITT, Hezbollah: The Global Footprint of Lebanon’s Party of God. Washington, D.C., Georgetown University Press, 2013.

[10] Matthew LEVITT, “The Lebanese Hizbullah: Financing Threat in Europe”, Research Briefing n° 1, Project Craaft & RUSI, 2020.

[11] Matthew LEVITT & Jonathan PROHOV, “There is no distinct Hezbollah military wing, so why ban it?”, Daily Beast, 25 juin 2013. Article en ligne : https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/view/there-is-no-distinct-hezbollah-military-wing-so-why-ban-it (consulté le 10/05/2020).

[12] “Trump names Richard Grenell as Acting Head of Intelligence”, New York Times, 19/02/2020, https://www.nytimes.com/2020/02/19/us/politics/dni-national-intelligence-director-grenell.html (consulté le 14/05/2020).

[13] “Germany needs to ban Hezbollah, US Ambassador Grenell says”, Deutsche Welle, 06/09/2019, https://www.dw.com/en/germany-needs-to-ban-hezbollah-us-ambassador-grenell-says/a-50320893 (consulté le 08/05/2020).

[14] Richard GRENELL, « In Deutschland sollte die Hezbollah verboten warden”, Die Welt, 06/09/2019, https://www.welt.de/debatte/kommentare/article199758416/US-Botschafter-Grenell-fuer-Hisbollah-Verbot-in-Deutschland.html (consulté le 08/05/2020).

[15] Ibid.

[16] Kathrin Vogeler, porte-parole de la politique de paix pour le groupe parlementaire de gauche (FDP), considère l’appel de Grenell comme « une tentative d’inclure l’Allemagne dans la dangereuse stratégie d’escalade que l’administration Trump poursuit au Moyen-Orient » cité dans Peter HILLE, Hezbollah : “What good would a German ban do ? ”, Deutsche Welle, 07/09/2019, https://www.dw.com/en/hezbollah-what-good-would-a-german-ban-do/a-50339640 (consulté le 08/05/2020).

[17] «Deutschland und Iran : bilaterale Beziehungen », site du ministère des Affaires étrangères allemand, https://www.auswaertiges-amt.de/de/aussenpolitik/laender/iran-node/bilaterale-beziehungen/202402 (consulté le 11/05/2020).

[18] Voir notamment le rapport de l’Organisation pour l’enregistrement d’ incidents d’extrême droite et discriminatoires  à Berlin,  « Antisemitische Ausdrucksformen auf dem Al-Quds Aufmarsch in Berlin 2015 », Berlin Register, 2015, https://berliner-register.de/artikel/charlottenburg-wilmersdorf/antisemitische-ausdrucksformen-auf-dem-al-quds-aufmarsch-berlin-%E2%80%93 (consulté le 14/05/2020).

[19] Voir l’entretien avec le responsable d’AJC à Berlin, David Harris : https://www.dw.com/de/david-harris-es-ist-zeitaufzuwachen/a-50795771 (consulté le 10/05/2020).

[20] Benjamin Strasser est un « fervent défenseur » d’Israël au Bundestag. Dans un entretien avec The Times of Israel, il dit : « Nous, Allemands, avons une responsabilité à part à l’égard de l’État d’Israël — pas seulement en raison de notre histoire, mais également du fait de notre intérêt à soutenir la seule démocratie du Moyen-Orient, qui est très proche de notre conception d’une démocratie occidentale » cité dans Raphael AHREN, « De ‘l’intérêt national’ pour l’élu allemand derrière l’interdiction du Hezbollah », The Times of Israel, 22/12/2019, https://fr.timesofisrael.com/de-linteret-national-pour-lelu-allemand-derriere-linterdiction-du-hezbollah/ (consulté le 09/05/2020).

[21] Josef Schuster, Président du Conseil central des Juifs d’Allemagne disait que « L’Allemagne n’était plus autorisée à offrir des planques aux partisans d’une organisation islamiste qui, entraînée par une haine profonde des Juifs, incitait les gens à la violence et finançait le terrorisme ». Schuster demande d’ailleurs aussi l’interdiction de la journée d’Al-Quds. Cité dans Christoph HASSELBACH, « Was steckt hinter dem Hisbollah-Verbot ?”, Deutsche Welle, 30/04/2020, https://www.dw.com/de/was-steckt-hinter-dem-hisbollah-verbot/a-53293853 (consulté le 08/05/2020).

[22] « Le Mossad a informé Berlin sur le Hezbollah avant son interdiction », The Times of Israel, 03/05/2020, https://fr.timesofisrael.com/le-mossad-a-informe-berlin-sur-le-hezbollah-avant-son-interdiction-rapport/ (consulté le 08/05/2020).

[23] Bericht des Unabhängigen Expertenkreises Antisemitismus, Deutscher Bundestag, 18. Wahlperiode, Unterrichtung durch die Bundesregierung, Drucksache 18/11970, 07/04/2017, p. 58, https://dip21.bundestag.de/dip21/btd/18/119/1811970.pdf (consulté le 18/05/2020).

[24] Prof. Dr. Marion REISER et al., Thüringen Monitors 2019, Friedrich Schiller Universität Jena, KomRex-Zentrum für Rechtsextremismusforschung, Demokratiebildung und geselleschaftliche Integration, 3 décembre 2019, https://www.komrex.uni-jena.de/komrexmedia/publikationen/tm2019_zusammenfassung.pdf (consulté le 18/05/2020). Voir aussi : Nils WERNER,  « Judenfeindlichkeit in Deutschland : Alter Geist in neuen Flaschen », Mitteldeutscher Rundfunk (MDR), 06/12/2019, https://www.mdr.de/zeitreise/merkel-in-auschwitz-100.html (consulté le 07/05/2019).

[25] Plusieurs études scientifiques évoquent un antisémitisme chez des jeunes musulmans en Allemagne. Voir notamment, Katrin BRETTFELD et Peter WETZEL, « Muslime in Deutschland », Étude préparée pour le ministère de l’Intérieur allemand avec l’appui de la Deutsche Islam Konferenz, Hambourg, 2007, https://www.deutsche-islam-konferenz.de/SharedDocs/Anlagen/DIK/DE/Downloads/WissenschaftPublikationen/muslime-in-deutschland-lang-dik.pdf?__blob=publicationFile  (consulté le 08/05/2020). Voir aussi l’étude par Wolfgang Frindte et al., « Lebensweltern junger Muslime in Deutschland », 2011, https://www.phil-fak.uni-duesseldorf.de/fileadmin/Redaktion/Institute/Sozialwissenschaften/BF/Lehre/SoSe_2015/Islam/Lebenswelten_junger_Muslime.pdf (consulté 09/05/2020). Voir encore l’étude de Jürgen MANSEL et Viktorie SPAISER, Soziale Beziehungen, Konfliktpotentiale und Vorurteile im Kontext vom Erfahrungen verweigerter Teilhabe und Anerkennung bei Jugendlichen mit und ohne Migrationshintergrund Verschiedene Studien, Universität Bielefeld, 2010, https://pub.uni-bielefeld.de/download/2726336/2726439 (consulté 14/05/2020).  Voir aussi : Frank GREUEL & Michaela GLASER (eds.), « Ethnozentrismus und Antisemitismus bei Jugendlichen mit Migrationshintergrund. Erscheinungsformen und pädagogische Praxis in der Einwanderungsgesellschaft, Deutsches Jugendinstitut, Arbeits-und Forschungsstelle Rechtsextremismus und Fremdenfeindlichkeit, 2012, https://www.dji.de/fileadmin/user_upload/bibs/96_15504_Ethnozentrismus_Antisemitismus_%20bei_%20Jugendlichen_mit_Migrationshintergrund.pdf (consulté le 18/05/2020). Voir encore : Ahmad MANSOUR, « Antisemitismus unter muslimischen Jugendlichen. Wir brauchen mehr Aufklärung ! », Bundeszentrale für politische Bildung, Dossier Antisemitismus, 13/11/2012, https://www.bpb.de/politik/extremismus/antisemitismus/148081/antisemitismus-unter-muslimischen-jugendlichen (consulté le 18/05/2020). Voir enfin David Feldman, « Antisemitismus und Immigration in heutigen Westeuropa. Gibt es einen Zusammenhang ? », in : Stiftung EVZ & The Pears Institute for the Study of Antisemitism at Birbeck University London, Avril 2018, https://www.stiftung-evz.de/fileadmin/user_upload/EVZ_Uploads/Handlungsfelder/Handeln_fuer_Menschenrechte/Antisemitismus_und_Antiziganismus/BBK-J5998-Pears-Institute-Reports-GERMAN-FINAL-REPORT-180410-WEB.pdf (consulté 10/05/2020).

[26] Bericht des Unabhängigen Expertenkreises Antisemitismus, Deutscher Bundestag, 18. Wahlperiode, Unterrichtung durch die Bundesregierung, Drucksache 18/11970, 07/04/2017, voir notamment pages 78 et suivantes, https://dip21.bundestag.de/dip21/btd/18/119/1811970.pdf (consulté le 18/05/2020). Voir aussi, Dr. Sina ARNOLD et Jana KÖNIG, « Flucht und Antisemitismus. Expertise für den Expertenkreis Antisemitismus », Berliner Institut für empiriche Integrations-und Migrationsforschung, décembre 2016.

[27] Michael KIEFER, “Antisemitismus unter muslimischen Jugendlichen – Randphänomen oder Problem ?”, Bundeszentrale für politische Bildung, Dossier Antisemitismus, 24/10/2012, https://www.bpb.de/politik/extremismus/antisemitismus/145728/antisemitismus-unter-muslimischen-jugendlichen-randphaenomen-oder-problem (consulté le 18/05/2020).

[28] Voir par exemple le American Jewish Committee (AJC) Ramer Institute Berlin : https://ajcberlin.org/de et leurs nombreuses publications très documentées sur le Hezbollah.

[29] Asher BEN-NATAN, Brücken bauen aber nicht vergessen. Als erster Botschafter Israels in der Bundesrepublik (1965-1969). Düsseldorf, Droste, 1973, p. 7.

[30] Dans mon essai « Europe in Uncle Sam’s Pitfall » (Sigest, 2012) j’avais déjà esquissé ce triste retournement de situation par un « rejet de la culpabilité des nouvelles générations ». Cette analyse s’avère d’autant plus pertinente aujourd’hui que la société allemande s’est profondément transformée elle-même à la suite de la politique d’immigration d’Angela Merkel et des diverses crises économiques qui ont profondément creusées les inégalités dans le pays.

[31] Muriel ASSEBURG et Jan BUSSE, « Deutschlands Politik gegenüber Israel » in : Thomas JÄGER et al. (eds.), Deutsche Aussenpolitik. Wiesbaden, VS Verlag für Sozialwissenschaften, 2011, pp. 693-716, p. 697.

[32] ”Speech by Federal Chancellor Angela Merkel to the Knesset in Jerusalem”, Knesset, 18 mars 2008, http://www.knesset.gov.il/description/eng/doc/speech_merkel_2008_eng.pdf (consulté le 10/05/2020).

[33] « Interdiction d’activité pour l’organisation terroriste ‘Hezbollah’ en Allemagne », Communiqué de presse du ministère de l’Intérieur allemand, 30 avril 2020, https://www.bmi.bund.de/SharedDocs/pressemitteilungen/EN/2020/04/interdiction-d-activite-pour-hezbollah.html;jsessionid=737CDBE5E36400708BE540D870B9BBAC.1_cid295 (consulté le 08/05/2020).

[34] Sur l’influence d’Israël sur la politique étrangère allemande voir : Charlotte RESTIF, Allemagne-Palestine : La diplomatie impossible ?mémoire de Master 2 sous la direction de Jean-Paul Burdy et Jean Marcou, Sciences Po Grenoble, 2013, https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00942900/document (consulté le 08/05/2020).

[35] Pour aller plus loin, voir : Cordélia BONAL et Julien GUILLOT, « Quels pays reconnaissent déjà la Palestine », Libération, 07/11/2014, https://www.liberation.fr/planete/2014/11/07/quels-pays-reconnaissent-deja-la-palestine_1137729 (consulté le 11/05/2020).

[36] L’égyptologue allemande, Aleida Assmann, parle aussi de la « longue ombre du passé » qui pèse sur la politique allemande. Aleida ASSMANN, Der lange Schatten der Vergangenheit. Erinnerungskultur und Geschichtspolitik. Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2007.

[37] Car on peut être solidaire avec la cause palestinienne sans pour autant scander la mort du peuple juif.

[38] “Gerhard Conrad : German Mr Hezbollah who helped to free Gilad Shalit”, The Guardian, 12/10/2011, https://www.theguardian.com/world/2011/oct/12/gerhard-conrad-german-gilad-shalit (consulté le 10/05/2020).

[39] La publication de Gerhard Conrad sur la coopération et la mutualisation des services de renseignement européen le laisse aussi entendre. Pour aller plus loin, voir : G. Conrad, “Europäische Nachrichtendienstkooperation (European Intelligence Cooperation) – Entwicklungen, Erwartungen und Perspektiven” in : Jan Hendrik Dietrich, Klaus Ferdinand Gärditz, et. al. (eds.), Reform der Nachrichtendienste zwischen Vergesetzlichung und Internationalisierung, Tübingen, Mohr Siebeck, 2019.

[40] Communiqué de presse du ministère de l’Intérieur allemand, op.cit.

[41] Voir par exemple : David TUCKER, “Terrorism, Networks, and Strategy: Why the Conventional Wisdom is Wrong” in: Homeland Security Affairs 4, Article 5, June 2008, https://www.hsaj.org/articles/122 (consulté 10/05/2020). Voir aussi : Vincent Lemieux, « Les réseaux criminels », Rapport préparé pour la Gendarmerie royale du Canada, Ottowa, 2003, https://www.securitepublique.gc.ca/lbrr/archives/cnmcs-plcng/cn24704-fra.pdf (consulté le 11/05/2020).

[42] Pour aller plus loin sur la question de la responsabilité partagée voir : Jean D’ASPREMONT et al., “Sharing Responsibility between Non-State Actors and States in International Law: Introduction”, in: Netherlands International Law Review, Vol. 62, 2015, pp. 49-67.