COLLOQUE 2019 : Des démocraties en invention ? Les pays arabes comme laboratoires de nouvelles transformations du politique

Visuel Colloque CAREP Paris Collège de France
Print Friendly, PDF & Email

Colloque coorganisé par le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (CAREP Paris) et la Chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France.

  • Langues : arabe/ français
  • Date : 28 novembre 2019
  • Lieu : Collège de France, Amphithéâtre Maurice Halbwachs
  • Entrée libre : Dans la limite des places disponibles

Comité scientifique : Azmi Bishara, Henry Laurens, François Burgat, Rola El-Husseini, Salam Kawakibi, Jalila Sbaï, Abdel Fattah Mady, Claire Talon

Organisation : Salam Kawakibi, Racha Abazied, Claire Talon, Jalila Sbaï, Isabel Ruck

Présentation

À l’heure où les printemps arabes offrent des paysages contrastés d’avancées démocratiques et de reculs autoritaires, questionner la démocratisation à l’échelle régionale suppose de penser ensemble l’importation de procédures démocratiques, qui n’ont souvent servi qu’à légitimer des régimes autocratiques, et les développements socio-politiques qui marquent la région depuis 2011. Parmi ceux-ci : la naissance de mouvements sociaux capables de mobiliser la rue, l’accession momentanée des islamistes au pouvoir en Tunisie et en Égypte, les accomplissements progressistes mis en œuvre par la constituante tunisienne.

Ce colloque abordera ainsi plusieurs enjeux qui travaillent les sociétés arabes autant que la recherche scientifique : les entraves à une transition démocratique régionale depuis le début des printemps arabes ; la manière dont les forces démocratiques interagissent avec les militaires ; les différents apports que les processus politiques actuellement à l’œuvre au Maghreb et au Moyen-Orient offrent aux pensées de la démocratisation et aux théories des mouvements sociaux.

Il permettra de s’interroger sur les problématiques suivantes :

Les révoltes populaires que connaissent certains pays du Mashreq et du Maghreb constituent-elles le moteur d’un processus de transition démocratique régional ?

Assiste-t-on dans le monde arabe à l’apparition de pratiques démocratiques et politiques nouvelles susceptibles de renouveler en profondeur les approches macro-politiques qui dominent le champ universitaire sur ces questions ?

En quoi les expérimentations démocratiques à l’œuvre au Maghreb et au Moyen-Orient entrent-elles en résonance avec l’évolution des mouvements sociaux sur la rive nord de la Méditerranée ?

Programme de la journée

08h30                  Accueil

09h00-9h45         Mot de bienvenue : Henry Laurens  & Discours d’ouverture : Azmi Bishara

09h45-10h45      Session 1 : État des lieux de la recherche en sciences sociales sur les processus de démocratisation dans le monde arabe : Nouveaux apports, renouvellement des approches

Modération : Claire Talon

Intervenants :

              • Stéphane Lacroix : Révolutions arabes : quelles leçons pour les sciences sociales (et réciproquement) ?
              • Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou : Au-delà de l’autoritarisme et de la transition : repenser le paradigme de la transformation politique dans le monde arabe.
              • Jalila Sbaï : À la recherche d’un régime politique arabo-musulman type ? La part des héritages sociopolitique et sociohistorique dans les révolutions arabes ?

10h45-11h15       Discussion

11h15-11h30       Pause

11h30-12h30      Session 2 : Nouvelles vagues de contestations populaires : Pratiques et enjeux de l’action collective

Modération : Rola El Husseini

Intervenants :

              • Jean-François Bayart : De quoi les printemps arabes ont-ils été le nom ?
              • Abdel-Wahab Al Afandi : Connaissance et mémoire dans le contexte de la révolution de décembre au Soudan.
              • Hasni Abidi : À l’ombre des élites en Algérie : quelle transition pour l’Algérie ?

12h30-13h00      Discussion

13h00-14h30      Déjeuner

14h30-15h30      Session 3 : Vicissitudes de la transition démocratique : entre régimes autoritaires et ingérences extérieures

Modération : Salam Kawakibi

Intervenants :

            • Muriel Asseburg : Les politiques européennes face aux printemps arabes : entre discours et pratique (intervention prononcée en anglais).
            • Abdel Fattah Mady : Comment les forces démocratiques conjuguent-elles avec le pouvoir militaire en période de transition : Le cas égyptien à la lumière de précédentes expériences européennes et internationales.
            • Loulouwa Al Rachid : Après l’autoritarisme, quelle autorité ? L’Irak comme modèle.

15h30-16h00      Discussion

16h00-16h15      Pause

16h15-17h15       Session 4 : Sens et pratiques démocratiques en Europe et dans le monde arabe : approches comparatives

Modération : Alain Gresh

Intervenants :

          • Asma Nouira : « Producteurs » du savoir à l’épreuve de la transition.
          • Gilles Dorronsoro : Que peut nous apprendre une comparaison des mobilisations contestataires en Europe et au Moyen-Orient sur les structures sociales ?
          • François Burgat : Que nous disent les lectures européennes des printemps arabes ?

17h15-17h45       Discussion

17h45-18h15       Conclusion par Henry Laurens

Biographies des intervenants

Hasni ABIDI
Directeur du CERMAM, Genève

Hasni ABIDI est politologue, spécialiste du monde arabe. Il est directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) à Genève et Professeur invité à l’université Paris-XIII. Chercheur invité à Paris-I de 2006 à 2011, ses travaux portent sur l’évolution politique au Proche-Orient et au Maghreb. Titulaire d’un doctorat en science politique de l’université de Genève, il est en charge d’un séminaire au Global Studies Institute : « La Politique méditerranéenne de l’UE ». Hasni ABIDI est consultant auprès de plusieurs institutions internationales et fondations étrangères. Il a assuré des mandats de recherche pour le compte de l’Unesco, CNUCED, UNAOC et le CICR. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la région.

Abdel-Wahab Al AFANDI
Professeur, Doha Institute for Graduate Studies

Doyen de la Faculté des sciences sociales et humaines au Doha Institute for Graduate Studies. Il a précédemment occupé les postes de responsable du programme Sciences politiques et relations internationales au Doha Institute (2015-2017) et de coordinateur du programme Démocratie et islam à l’université de Westminster (depuis 1998). Il a également travaillé comme diplomate au ministère des Affaires étrangères du Soudan (1990-1997), et comme journaliste à Londres, où il a notamment été directeur et rédacteur en chef de plusieurs publications (1982-1990).

Muriel ASSEBURG
Chercheuse principale, German Institute for International and Security Affairs

Muriel ASSEBURG
Muriel Asseburg dirige le groupe de recherche « Moyen-Orient et Afrique » de la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP), l’Institut allemand pour la politique internationale et la sécurité à Berlin. Ses travaux actuels portent sur les dynamiques de conflits et le maintien de la paix au Moyen-Orient. Titulaire d’un doctorat en science politique à l’université de Ludwig Maximilian à Munich, elle est notamment l’auteure de The End of a Two-State Settlement ? Alternatives and Priorities for Settling the Israeli-Palestinian Conflict ; Dynamics of Transformation, Elite Change and New Social Mobilization in the Arab World et The Arab Spring and the European Response.

Jean-François BAYARD
Professeur, Graduate Institute à Genève

Jean-François Bayart, spécialiste de sociologie historique et comparée du politique, est Professeur au Graduate Institute (Genève), et titulaire de la chaire Yves Oltramare « Religion et politique dans le monde contemporain ». Il est notamment l’auteur de L’Islam républicain. Ankara, Téhéran, Dakar (Albin Michel, 2010) et de Violence et religion en Afrique (Karthala, 2018).

Azmi BISHARA portrait

Azmi BISHARA
Directeur général, Centre arabe de recherche et d’études politique à Doha (ACRPS)

Chercheur et écrivain, Azmi Bishara a à son actif de nombreux ouvrages et articles de recherche sur la philosophie, la pensée politique et la théorie sociale, en sus de plusieurs travaux littéraires. Après un doctorat en philosophie obtenu à l’université Humboldt de Berlin en 1986, il a occupé le poste de Professeur de philosophie et d’histoire de la pensée politique à l’université de Bir Zeit, en Cijordanie, de 1986 à 1996. Il est l’un des fondateurs de Muwatin, l’Institut palestinien pour l’étude de la démocratie, et de Mada al-Carmel : Centre arabe de recherche sociale appliquée. Azmi Bishara est le fondateur de l’Assemblée nationale démocratique (Balad), un parti arabo-palestinien à l’intérieur de la Ligne verte. Durant quatre législatures consécutives, de 1996 à 2007, il représente son parti en tant que membre élu à la Knesset. Depuis 2007, il est installé au Qatar et dirige l’ACRPS. Azmi Bishara est le lauréat du prix Ibn Rushd pour la liberté de pensée en 2002, et du prix des droits de l’Homme du Global Exchange en 2003.

François BURGAT
Professeur émérite, CNRS

Directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM), il consacre l’essentiel de ses travaux à l’étude des dynamiques politiques et des courants islamistes dans le monde arabe. François Burgat a occupé différents postes : chercheur au Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) du Caire (1989-1993), directeur du Centre français d’archéologie et de sciences sociales (Cefas) de Sanaa (1997-2003) et enfin directeur de l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), à Damas (2008-2012) puis Beyrouth (2012-2013). Il est président du conseil d’administration du CAREP Paris.

Gilles DORRONSORO
Professeur de science politique à l’université de Paris-I Panthéon-Sorbonne

Après avoir obtenu en 1996 un doctorat en sociologie politique à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) pour ses recherches sur l’Afghanistan, il a été Professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Rennes, ainsi que coordinateur scientifique à l’Institut français d’études anatoliennes. Il a été chercheur invité à la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale.
Il est aujourd’hui enseignant en relations internationales à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Il est le cofondateur du European Journal of Turkish Studies1 et du South Asia Multidisciplinary Academic Journal.

Alain GRESH
Journaliste

Journaliste, directeur du journal en ligne Orient XXI et ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Alain Gresh est aussi président de l’Association des journalistes spécialisés sur le Maghreb et le Moyen-Orient (AJMO). Titulaire d’une thèse en sciences sociales sur l’Organisation de libération de la Palestine et d’un diplôme d’études approfondies de mathématiques, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la région.

 

Rola El HUSSEINI
Maître de conférences, université de Lund en Suède

Rola El-Husseini est titulaire d’un doctorat de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris (2003) et est actuellement maître de conférences et directrice des études supérieures au Centre des études du Moyen-Orient de l’université de Lund en Suède. Elle a occupé des postes à l’université Yale, à l’université Texas A&M, au Graduate Center de l’université de la ville de New York et à l’université George-Washington.
Auteure de Pax Syriana : Elite Politics in Postwar Lebanon (Syracuse University Press, 2012), Rola El-Husseini a également publié sur le Hezbollah libanais, sur le chiisme arabe et sur l’Iran. Elle codirige actuellement un ouvrage consacré au chiisme libanais et rédige parallèlement un ouvrage consacré à la représentation politique des femmes arabes après les soulèvements de 2010-2011.

Salam KAWAKIBI
Directeur, CAREP Paris

Chercheur en sciences politiques, Salam Kawakibi est directeur du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (CAREP Paris). Entre 2000 et 2006, il a dirigé l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) à Alep. De 2009 à 2011, il occupe les fonctions de chercheur principal à la Faculté de sciences politiques de l’université d’Amsterdam. Ancien directeur adjoint à l’Arab Reform Initiative, il est Professeur associé à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Stéphane LACROIX
Professeur associé, École d’affaires internationales de Sciences Po (PSIA)

Stéphane Lacroix obtient un doctorat en sciences politiques en 2007 après avoir réalisé des études de langue arabe à l’Inalco et de mathématiques à Paris-VI. Il a reçu en 2008 le Prix de thèse de l’Association française de sciences sociales des religions.
Il a été chercheur post-doctorant à l’université de Stanford (Abbassi Program in Islamic Studies/Department of Political Science) en 2008-2009, puis chercheur invité au Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales du Caire entre 2010 et 2013. Il est actuellement Professeur associé à l’École d’affaires internationales de Sciences Po (PSIA).

Henry LAURENS
Professeur, Collège de France

Docteur d’État et agrégé d’histoire, il est reconnu comme l’un des grands spécialistes du Moyen-Orient. Henry Laurens est Professeur au Collège de France (titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe) et à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales) ; il a par ailleurs été directeur du Centre d’études et de recherches sur le Moyen-Orient Contemporain (CERMOC) à Beyrouth puis directeur scientifique de l’Institut Français du Proche-Orient (Ifpo). Henry Laurens s’intéresse notamment à l’étude des relations entre Israël et le monde arabe. En 2004, il a reçu le Prix Joseph du Theil de l’Académie des Sciences morales et politiques, ainsi que le Prix de l’amitié franco-arabe de l’Association de solidarité franco-arabe. Henry Laurens est l’auteur de nombreux ouvrages.

Abdel Fattah MADY
Professeur, directeur du programme des transitions démocratiques, ARCPS (Doha)

Actuellement à la tête du programme Transitions démocratiques du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Doha (ACRPS), Abdel-Fattah Mady a été Professeur en sciences politiques à l’université d’Alexandrie en Égypte. Il rejoint le Wilson Center, un think tank américain, en tant que chercheur invité (2015 à 2016). Il a également été expert au PNUD (2007 à 2008) et chercheur invité à l’université de Denver au printemps 2015. Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques de la Claremont Graduate University. Ses recherches portent sur les changements de régimes et processus de démocratisation au Moyen-Orient. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles de recherche et travaille également en tant que consultant et analyste politique pour plusieurs grands médias tels que la BBC et Al Jazeera.

Asma NOUIRA
Maître de conférences, université Tunis-El Manar

Asma Nouira est maître de conférences en science politique à la Faculté de Droit et des Sciences politiques de Tunis, université de Tunis-El Manar. Elle est co-fondatrice et présidente de l’Observatoire tunisien de la transition démocratique. Ses principaux domaines de recherche sont la politique et la religion, et la transition démocratique en Tunisie.

Mohammad-Mahmoud OULD MOHAMEDOU
Professeur, Graduate Institute à Genève

Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou est Professeur d’Histoire internationale et responsable du Département d’Histoire internationale au Graduate Institute à Genève, ainsi que Professeur invité à l’école doctorale de Sciences Po Paris. Précédemment directeur associé du programme « Politique humanitaire et de recherches sur les conflits » de l’université Harvard à Cambridge, il est l’auteur d’une trilogie sur l’après-11 septembre : Contre-croisade : Le 11 septembre et le retournement du monde (2004), Understanding Al Qaeda : Changing War and Global Politics (2011) et A Theory of ISIS : Political Violence and the Transformation of the Global Order (2018) ; Iraq and the Second Gulf War : State-Building and Regime Security (2002) ; ainsi que co-éditeur (avec Timothy Sisk) de Democratization in the 21st century : Reviving Transitology (2016).

Loulouwa Al RACHID
Codirectrice, Canegie Middle East Center

Loulouwa Al Rachid est codirectrice du programme sur les relations entre civils et militaires dans les États arabes au Carnegie Middle East Center. Spécialisée en sciences politiques, elle détient un doctorat de l’Institut d’études politiques de Paris. Durant les vingt dernières années, Loulouwa Al Rachid s’est penchée sur la politique en Iraq et dans la région du Golfe. Avant de rejoindre le Carnegie Middle East Center, elle était analyste principale irakienne auprès de l’International Crisis Group et consultante auprès de nombreux organismes gouvernementaux en France et en Europe. Elle a contribué à plusieurs ouvrages et est l’auteure de différents articles. Sa dernière publication s’intitule L’Irak Après l’État Islamique : Une Victoire qui Change tout ? (Institut français des relations internationales, 2017).

Jalila SBAÏ
Chercheuse, Collège de France

Historienne, chercheuse associée à la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France et enseignante à l’université du Havre, Jalila Sbaï est spécialiste de la politique musulmane de la France. Elle a enseigné à Sciences-Po Rabat, université internationale de Rabat. Elle a aussi enseigné l’histoire de l’Orient arabe à l’Inalco. Elle est l’auteure de La politique musulmane de la France. Un projet chrétien pour l’islam ? 1911-1954 (CNRS Éditions, 2018), grand prix des journées d’histoire du monde arabe, de l’Institut du monde arabe à Paris, 2019.

Claire TALON
Chercheuse principale, CAREP Paris

Titulaire d’un doctorat en science politique de Sciences Po Paris (Chaire Moyen-Orient-Méditerranée), d’une maîtrise de Lettres modernes de l’université Paris-Diderot ainsi que d’une licence d’Études arabes contemporaines de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), elle est notamment l’auteure de Al Jazeera, Liberté d’expression et pétromonarchie (PUF, 2011). Entre 2011 et 2013, elle a été la correspondante du journal Le Monde en Égypte, collaborant également à plusieurs médias, dont Mediapart, Le Monde diplomatique et Orient XXI. Elle a ensuite occupé le poste de Directrice du bureau Maghreb-Moyen-Orient de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) à Paris avant de rejoindre le Centre de recherche Arab Reform Initiative où elle a exercé la fonction de Senior Researcher. Elle est aujourd’hui chercheuse principale au CAREP Paris.