5 Questions à…

La série de vidéos « 5 questions à… » vous propose des analyses de fond sur un temps court, avec des chercheurs de tous horizons, commentant des faits de société ou l’actualité politique internationale en rapport avec le monde arabe. Ces rencontres réalisées sur le mode de l’entretien semi-directif, permettent tout au long de l’année, aux chercheurs, auteurs ou encore artistes de  nous livrer leurs observations sur leur dernier ouvrage ou réalisation portant sur la région ou le domaine dont ils sont les spécialistes.

5 questions à Olivier Da Lage
autour de l’ouvrage, Nationalismes religieux : Moyen-Orient, Bibliothèque de l’iReMMO/L’Harmattan, 2020

Olivier Da Lage, journaliste spécialisé sur le Moyen-Orient, tente au cours de cet entretien, de définir les contours des nationalismes religieux et les conséquences de leurs montées dans la région. Selon sa définition, ils sont avant tout des « nationalismes insistant sur les valeurs nationales avec lesquelles l’identité religieuse se confond ». Au Moyen-Orient, ces nationalismes souvent conservateurs se créent d’abord en réaction aux normes occidentales. S’ils portent le manteau religieux, le référentiel de ces mouvements est pourtant lui bien né d’un outil hérité du colonisateur : l’État westphalien. Leurs ascensions actuelles notamment en Turquie et en Arabie saoudite sont éclairées à la lumière de cette analyse qui nous montre que la religion ne joue pas un rôle aussi central que l’on voudrait le croire.

Entretien réalisé par Isabel Ruck, responsable de recherche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, mars, 2020.

5 questions à Julie Trottier
Israël-Palestine : une histoire d’eau

Entretien réalisé par Isabel Ruck, responsable de recherche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, fév. 2O21.

Dans cet entretien, Julie Trottier, directrice de recherche au CNRS, spécialiste des territoires palestiniens, analyse l’influence de la gestion de l’eau sur les rapports de pouvoir au Moyen-Orient et particulièrement entre Israël et la Palestine. La chercheuse tente de déconstruire l’idée selon laquelle la gestion de l’eau en situation de stress hydrique est nécessairement source de conflits en montrant qu’au contraire elle peut aussi être source de coopération. Au travers d’exemples riches et précis, Julie Trottier nous explique la complexité des facteurs économiques, sociaux ou politiques ainsi que la diversité des acteurs locaux, nationaux et internationaux à prendre en compte dans l’analyse. Elle plaide pour la prise en compte de l’eau comme un flux et non comme un stock en incluant l’ensemble des acteurs formels et informels qui interagissent avec ce flux pour construire un système de gestion de l’eau durable.

5 questions à Pierre-Jean Luizard
autour de l’ouvrage, La République et l’islam, aux racines du malentendu, Tallandier, 2019

Pierre-Jean Luizard, historien, spécialiste des islams au Moyen-Orient, revient dans cet entretien sur les relations entre la République française, le monde arabe et l’islam notamment à la lumière du colonialisme. Tout en rappelant qu’il n’y a pas de déterminisme, ni de destinée obligatoire à l’aune de l’histoire, il remarque un phénomène récurrent depuis le 19e siècle, celui du caractère dominateur de la modernité occidentale que l’on peut qualifier d’impérialiste. Pour imposer sa domination, le colonisateur exclut de la citoyenneté la majorité musulmane en favorisant les minorités. Pierre-Jean Luizard nous propose quelques clés pour comprendre comment la religion musulmane a évolué pendant un siècle en réaction au dictat moderniste occidental.

Entretien réalisé par Isabel Ruck, responsable de recherche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, Déc. 2020.

5 questions à Laetitia Bucaille & Agnès Villechaise
autour de leur ouvrage collectif, Désirs d’islam, portraits d’une minorité religieuse en France, Presses de Sciences Po, 2020.

Entretien réalisé par Isabel Ruck, responsable de recherche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, nov. 2O2O.

Lætitia Bucaille, professeure de sociologie et vice-présidente de l’INALCO et Agnès Villechaise, maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Bordeaux nous proposent, à travers la présentation de leur dernier ouvrage, une approche de l’Islam qui se veut plurielle, mosaïque et complexe, à contre-courant de la stigmatisation souvent rencontrée ces dernières années lorsqu’on parle de cette religion. De la question des relations entre République et Islam à « l’islamo-centrisme » en passant par « l’approche sécuritaire » ; les auteures prônent, dans cet entretien, la nécessité d’un débat dépassionné et éclairé par la lecture complexe que permettent les sciences humaines et sociales de l’Islam en France, afin d’éviter les polémiques qui exacerbent le repli identitaire lui-même dénoncé par ce discours.

5 questions à Bertrand Badie
autour de l’ouvrage Inter-socialités, Le Monde n’est plus géopolitique, CNRS éd., 2020.

C’est la fin d’un monde géopolitique que nous présente Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po Paris. Il définit dans cet entretien le nouveau concept « d’inter-socialités », plus adéquat, selon lui, pour rendre compte du réel des relations internationales contemporaines, menées non plus par le politique mais par les questions sociales. Il semble que ce sont les phénomènes de « décomposition sociale », plus que les interventions militaires d’autrefois, qui structurent aujourd’hui les relations internationales. Les inter-socialités de ce nouveau monde, illustrées en premier lieu par les printemps arabes, représentent une défiance vis-à-vis du politique, habitué à réagir à des revendications et non à l’expression d’une colère à l’encontre du « système ». Le défi pour l’avenir sera, selon Bertrand Badie, de réussir à bâtir une gouvernance globale capable de répondre à des enjeux sociaux internationaux communs, face auxquels le vieux monde westphalien n’a plus de prises.

Entretien réalisé par Isabel Ruck, responsable de recherche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, oct. 2O2O.

5 Questions à Ahmed Mhidi
pour comprendre la résurgence de l’État islamique dans le nord-est syrien

Entretien en anglais réalisé par Isabel Ruck, responsable de recherche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, fév. 2O2O.

Ahmed Mhidi, chercheur au Centre pour le dialogue humanitaire revient sur la place qu’occupe l’organisation de l’État Islamique dans le nord-est de la Syrie parmi les différents protagonistes allant des tribus locales aux puissances internationales comme les États-Unis ou la Turquie. Il semble que de l’instabilité politique de la région, due aux différentes stratégies d’acteurs locaux et internationaux, naisse l’espace dans lequel l’organisation parvient à trouver des ressources à la fois humaines et financières pour se maintenir et continuer d’exister.

5 questions à Bayram Balci
pour comprendre l’invasion turque en Syrie

Bayram Balci, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes (IFEA) et chercheur au CERI-Sciences Po, revient sur les enjeux de l’intervention turque en Syrie et la complexité des relations turco-syriennes à partir de l’accord d’Adana (1998), jusqu’à l’accord de Sotchi (2018), en passant par la question de l’accueil des réfugiés syriens. La Turquie semble conforter sa position prééminente dans la région en jouant sur des facteurs de politiques internes et externes, pour s’affirmer en tant qu’acteur incontournable des négociations et très probablement comme l’un des futurs protagonistes de la reconstruction de la Syrie, avec laquelle elle partage 900 km de frontières.

Entretien réalisé par Isabel Ruck, responsable de recherche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, nov. 2019.

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