Écologie et politique


L’axe « Écologie politique » étudie les interactions entre les facteurs politiques, économiques et sociaux, et les changements environnementaux. À l’heure où l’urgence écologique et climatique n’épargne plus les pays arabes, une réflexion sur la coproduction de ces phénomènes par nos actions et choix politiques s’impose.

« Écologie politique » accueille actuellement deux projets de recherche : ViMA (Villes du monde arabe) et EauRIENT (Gouvernance de l’eau dans le monde arabe)

ViMA est un projet pluridisciplinaire ayant pour objectif d’étudier les villes du monde arabe dans leur diversité. L’urbanisation massive et rapide, qu’a connue le monde arabe depuis le milieu du XIXe siècle, a engendré d’importantes modifications dans l’organisation sociale et sociétale des pays arabes. Selon les données de la Banque mondiale, tous les pays de la région du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) connaissent un taux d’urbanisation de plus de 60 %, taux qui devra encore augmenter dans les années à venir.

A l’heure des urbanisations grandissantes, cette évolution soulève également certaines interrogations. D’abord sur le plan urbanistique et architectural pour répondre à l’organisation et à l’esthétique des villes, mais aussi d’un point de vue sociotechnique, environnemental et politique.

Nous aborderons ces différents volets par une approche de l’écologie politique urbaine, qui analyse la manière dont la production (capitaliste) des villes arabes s’inscrit dans des structures de pouvoir néolibéral et façonne les villes de manière profondément injuste et inégale. Ainsi, nous porterons un intérêt particulier pour l’étude de la gouvernance des villes arabes et la démocratisation par des projets urbains participatifs, l’analyse des services urbains que ce soit au niveau des transports publics, des infrastructures routières, des services de distribution d’eau, les réseaux électriques ou encore la collecte des déchets.

Le projet EauRIENT s’intéresse à la gestion et la gouvernance des ressources hydriques dans le monde arabe, qui connaît une surexploitation préoccupante. Selon les projections climatiques pour les trente prochaines années, la région MENA se classerait parmi les régions les plus exposées à une sécheresse extrême.

Plusieurs rapports d’organisations internationales ont souligné ce risque de pénurie d’eau au Moyen-Orient, souvent avec des tons alarmistes affirmant une causalité entre la raréfaction de cette ressource à une recrudescence des conflits. Si l’argument des « guerres de l’eau » a pu être invalidé par des études scientifiques sérieuses, il n’en reste pas moins important de s’intéresser à la manière dont la « pénurie de l’eau » est construite discursivement par différents acteurs.
En effet, la ressource hydrique ne vient jamais à manquer dans la nature, qui a la capacité de s’adapter naturellement à une baisse de la pluviométrie. En revanche, ce sont les attentes et les usages que font peser les humains sur l’eau qui rendent cette ressource rare. Autrement dit, la pénurie de l’eau est socialement et politiquement construite. Elle procède des choix politiques que différents acteurs (institutionnelles, politiques, civiles…) à différentes échelles (internationale, nationale, locale…) font peser sur elle et que le projet EauRIENT tente d’étudier.

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